Poisson frais

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Janvier 2003

Tapis derrière des gorgones un Saint Pierre s'apprête à fondre sur sa proie. Il se nourrit de petits poissons, de seiches et de crustacés qu'il chasse à l'affût. 

Il doit son nom à un pécheur du lac de Tibériade nommé Simon. Ce dernier est plus connu sous le nom de Pierre, premier évêque de la chrétienté. La légende veut que Simon le pécheur aurait laissé sur chaque flanc l'empreinte de ses pouces ( la tache sombre entourée d'une auréole).

 

 

Mais plusieurs variantes courent au sujet de l'origine du nom. Tout d'abord, Simon se serait montré ingrat envers Jésus. Et ce poisson serait devenu pour des siècles et des siècles, le témoin de cette ingratitude.



La seconde légende dit que Simon après l'avoir pris dans ses filets fut horrifié à sa vue. Il se serait empressé de le rejeter à l'eau après l'avoir pris entre ses doigts. L'empreinte du pouce se serait alors perpétuée de génération en génération. Il est vrai que le Saint Pierre avec ses longues épines dorsales, ses yeux globuleux et une bouche énorme n'est pas très beau. Un vrai Quasimodo des mers ! 

 

 

La troisième variante vient directement de l'évangile selon Saint Mathieu. En effet afin de payer un tribu (droit de passage) Jésus dit à Simon : ' Va à la mer, jette l'hameçon et tire le premier poisson qui viendra ; ouvres lui la bouche , et tu trouveras un statère (monnaie)'. On dit que cette pièce , qui correspondait au droit de passage de deux personnes, ne fut jamais donnée au trésor romain mais gardée précieusement. Mais le poisson a t-il été rejeté à l'eau ou la prise fut-elle si belle qu'elle a servi de festin pour tout le monde ? Il est vrai qu'un Saint Pierre peut dépasser les 20 kgs !



Et là, j'en arrive à la dernière variante qui prêtant que Simon-Pierre aurait désigné ce poisson comme étant excellent. L'ayant touché de son index, le poisson en conserva la marque.
Du point de vue culinaire ce poisson entre dans la composition de la 'vraie' Bouillabaisse. Mais la gastronomie moderne lui a fait rejoindre la catégorie des poissons fins si bien que depuis quelques années la demande et la pèche ne cessent de croître. 

 

 

Personnellement, et en fait, comme beaucoup de plongeurs de ma connaissance, je n'ai guère envie de manger du Saint-Pierre. Ce poisson à beau être laid quand il est posé sur les étales des poissonniers, il n'empêche que sous l'eau, il nous offre à chaque fois un spectacle éblouissant. Et je ne connais aucun plongeur qui, en ayant croisé un , n'en ai pas parlé avec passion dès son retour sur terre.